Eline et Aurélie de Belavelo

Voyage à vélo de Belgique au Cap Nord en 3 mois et 1 semaine

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Les Belavelo témoignent de leur voyage à vélo de Belgique au Cap Nord: Eline, Aurélie et Julie, 3 jeunes filles belges fraichement diplômées de 25 ans et complètement novices dans le voyage à vélo.  Elle sont parties avec 3 rêves: atteindre la Laponie, voir des aurores boréales et enfin, atteindre le fameux Cap Nord. Elles ont été servies à leur arrivée au Cap Nord.

Vous pouvez suivre le voyage sur les réseaux sociaux

Elles ont aussi roulé pour une association et si l'envie vous prend, vous pouvez faire une don dans la cagnotte: https://www.leetchi.com/c/belavelo.

Elles espèrent que leur témoignage vous poussera à vous lancer. Le voyage à vélo est une expérience incroyable qui apporte tellement de choses. Alors trouvez le voyage qui vous convient, rassemblez vos affaires, fixez une date et lancez-vous ! Vous ne regretterez pas.

 

"Le voyage est une espèce de porte par où l'on sort de la réalité comme pour pénétrez dans une réalité inexploitée qui semble un rêve" Guy de Maupassant.

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Leurs statistiques

Aurélie

Éline

& Julie

De Namur

au

Cap Nord

4327 km

de 03 Juillet 2021 au 10 Octobre 2021

Tente

Bivouac

Warmshower

Chez habitant

Hotel

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Tableau de bord

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L'histoire d'Eline et Aurélie

Catoche : Quel était votre itinéraire?

 

Eline et Aurélie: Celui de base ou le réel ? (avec le temps, le projet de base change souvent)

Le plan d'origine était de suivre l'Eurovélo 3 pour ensuite rejoindre l'Eurovélo 7 à Goteborg. Finalement notre route aura bien changé au fil des rencontres et des conseils...

 

Nous sommes parties de Namur en direction de Liège. Nous avons ensuite passé la frontière germanique en passant par Aix-la-Chapelle, Brême, Hambourg. Un ferry nous a permis d'arriver au Danemark et de découvrir Copenhague. Nous avons finalement passé que très peu temps dans ce pays puisque la frontière suédoise a rapidement été franchie. Nous avons alors roulé en direction de Stockholm pour ensuite longer le Golfe de Botnie et bifurquer au niveau de Sundsvall. Nous avons piqué en direction de l'incroyable Norvège, la frontière a été passée au niveau de Mo i Rana. C'est ensuite la mer de Norvège que nous avons longée en roulant à travers ses fjords, en passant par les Îles Lofoten, celle de Senja. Nous avons continué de remonter par Tromsø, Alta et puis finalement le point le plus septentrional de l'Europe continentale à été atteint, le Cap Nord ! Le tout a été fait en 3 mois et 1 semaine: 4327 km!

 

Comment vous est venu l'idée de partir?

 

Ouh la longue histoire ! Il faut savoir que nous sommes parties à trois, Aurélie, Éline et Julie (nous vous expliquons plus tard pourquoi nous ne sommes que deux à répondre aux questions de Catoche). Depuis plusieurs années déjà Julie et Éline ont repéré la route des Pélerins (EV3) et la parcourir à vélo est un rêve qui est toujours resté dans un coin de leurs têtes. Mais avoir des rêves c'est une chose, les réaliser une autre... Un jour, alors que Julie se baladait à rollers avec une autre de ses amies, Aurélie, elles se sont mises à imaginer un voyage avec ces patins à roulettes. Peu pratique nous sommes d'accord. Elles en sont donc arrivées à la conclusion qu'à vélo c'était préférable et pourquoi pas en direction de la Laponie, lieu de tant de mythes ? Aller go on y va ! Julie a rapidement fait le lien entre ces deux projets, hop un petit message à Éline : "la date est fixée, pas le choix, on part !"

 

Il faut savoir que nous venions toutes les trois de finir nos études, comme pour beaucoup de monde cette période de transition est propice aux doutes et en remises en questions, nous ne savions plus ce que nous voulions faire de nos vies. Et puis le covid a aussi pas mal chamboulé nos plans. C'était donc le moment parfait, l'opportunité inouïe, il fallait la saisir !

 

Quel était votre but et vos contraintes?

 

En partant nous avions trois objectifs : atteindre la Laponie, voir des aurores boréales et enfin, atteindre le fameux Cap. Finalement en cours de route on se rend compte qu'il y a, oui, ces objectifs de base mais il y a tellement d'autres buts dans ce genre de voyage, comme profiter un maximum de l'instant présent, découvrir le monde qui nous entoure, que ce soit les paysages ou les personnes, se découvrir soi aussi, de quoi on est capable, et puis prendre son temps. Le voyage est tout aussi important que les buts que nous nous étions fixés. 

 

Au niveau des contraintes nous en avions très peu. Nous avions prévu très large au niveau du temps, nous pouvions donc profiter de chaque lieu qui nous inspirait. Nous nous sommes toujours autorisées à prendre un transport si vraiment les conditions ne nous permettaient plus d'avancer. Finalement nous avons pu tout faire à vélo, les première neiges étant réellement tombées trois jours après notre arrivée. 

Et puis comme expliqué plus haut, une autre contrainte était le nombre impair de notre groupe et l'équilibre que nous n'avons pas réussi à trouver.

Aviez vous des peurs avant et pendant la voyage?

 

Nous avions énormément de peurs avant de partir ! Déjà d'un point de vue physique : un tel voyage était une première pour toutes les trois, "est-ce que nos corps tiendront ? Est-ce que nous ne subirons pas ce rythme soutenu que nous allions nous imposer ?" Surtout connaissant la météo dans ces pays nordiques où pluie et froid sont la routine.

 

Les conditions météorologiques étaient effectivement un autre gros point d'angoisse. Nous voulions absolument arriver là haut après l'été afin de maximiser nos chances d'apercevoir des aurores boréales mais cela imposait des conditions plus difficiles. 

 

Et puis le mental, "est-ce que celui-ci résistera ? N'aurons-nous pas envie d'abandonner ?"

 

L'équipement aussi était un gros point d'interrogation, "avons-nous suffisamment/trop ? Tiendra-t-il sur la longueur ?"

 

Et enfin un dernier point nous apeurait, le côté social. Et c'est finalement lui qui aura le plus impacté notre voyage mais pas vraiment comme nous l'imaginions... Nous sommes donc parties à trois mais nous, Aurélie et Éline, nous nous connaissions à peine. Partir à plusieurs est déjà un challenge. En effet cela implique de vivre h24 avec d'autres personnes. Nous dormirons ensemble, nous nous réveillerons ensemble, nous mangerons ensemble, nous roulerons majoritairement ensemble... et ce pendant plus de trois mois, en sachant que nous vivrons en plus dans des conditions particulières. L'humeur de l'une impactera forcément les autres. Partir avec une "étrangère" est donc un challenge supplémentaire. Et c'est vrai que nous étions toutes les deux plutôt angoissées à l'idée de partager un voyage aussi fort avec quelqu'un que nous connaissions si peu.

 

Nos peurs pendant le voyage ? Elles se sont finalement vite effacées en cours de route. Nous nous sommes rapidement senties en sécurité et en confiance. Surtout grâce à la bienveillance des gens, nous avons en effet été agréablement surprises par toute cette solidarité et cette entraide. Nous avons eu énormément de chance d'un point de vue météo et nous nous sommes rapidement aperçues que le corps humain est incroyable, il s'adapte extrêmement bien.

 

Un évènement est malgré tout venu ternir l'aventure : nous nous sommes réveillées un matin avec un vélo manquant ! Le vol d'un de nos vélos restait un point d'angoisse tout au long du périple et voilà que nous y étions confrontées... Il aura finalement été retrouvé, heureusement ! Ce sera le seul moment du voyage où nous nous serons senties en insécurité, les pays scandinaves restant des pays extrêmement sûrs. 

 

Et donc pourquoi dit-on que le côté social aura impacté notre voyage ?

Finalement nous deux nous avons très vite été sur la même longueur d'ondes malgré nos appréhensions. Cependant durant le voyage nous avons eu du mal à trouver un équilibre à trois et à parvenir à communiquer, c'est pourquoi après deux mois et demi de route commune nous avons décidé de scinder le trio, Aurélie et Éline sont parties de leur côté et Julie du sien. Nous n'avions jamais imaginé un tel scénario puisque Julie était finalement le point central du trio mais il est important de s'écouter, d'écouter les autres et d'adapter le voyage en fonction. Cette séparation nous a permis de finir le voyage sereines et d'en tirer un maximum de positif même si la décision n'a pas été facile évidemment.

Que voudriez vous dire à une femme qui aimerait faire ce voyage?

 

De foncer ! On a toutes et tous des rêves/des projets un peu fous dans la tête et le plus difficile finalement est de passer à l'action. Alors go ! Notre seule limite c'est celle que nous nous imposons. 

C'est vrai qu'en tant que femme on a toujours peur des mauvaises rencontres mais ce voyage nous a prouvé que les gens sont extrêmement bienveillants. Le monde du voyage est un monde parallèle hyper accueillant. Finalement on n'est jamais vraiment seules, au moindre pépin il y a toujours quelqu'un pour nous aider. Après nous avons choisi des pays sûrs et développés. Mais nous nous sommes toujours senties à l'aise. Et ce qu'on en ressort en vaut largement la peine !

Comment rendre la confiance à une femme qui aurait peur de se lancer et quels conseils donneirez vous?

On se répète beaucoup mais vraiment quand on voyage comme ça on est seule, ou deux, ou trois, mais finalement on est jamais vraiment seules. Il y a toujours des gens pour nous épauler, nous soutenir, nous encourager, nous rassurer, nous conseiller. On pensait être livrées à nous-mêmes en partant et pourtant les fois où nous avions besoin d'aide nous en avons toujours trouvé. 

Le principal conseil qu'on leur donnerait serait de s'écouter et de suivre son instinct. Nous avons cette liberté incroyable en voyageant à vélo, il faut la saisir. Cela permet de toujours se sentir bien et en phase avec soi-même. Si tu as besoin de ralentir, ralenti. Si tu aimes l'endroit où tu es, profites-en. Si tu ne te sens pas en sécurité, pars. Si tu veux avancer, avance. 

 

Tout au long de notre aventure nous avons également beaucoup misé sur le "prendre son temps". Grâce à ça nous avons découvert des coins magnifiques et rencontré des personnes incroyables avec qui nous avons pu davantage échanger. 

Il est important de trouver le voyage qui nous convient. Il y a en effet autant de voyages que de voyageurs. Certains seront plus dans la performance, d'autres dans la découverte. Certains préféreront vivre en autonomie totale, d'autres rencontrer les habitants. Certains partiront pour plusieurs jours, d'autres plusieurs mois, etc.

 

Et puis le dernier conseil c'est d'oser. Oser se lancer, c'est déjà une étape énorme, sans doute la plus difficile. Et pour concrétiser tout ça rien de tel que fixer une date. Et puis, oser aller vers les autres. Oser profiter.

 

Comment se passe le voyage à vélo aux féminins?

 

Pour nous il n'y a pas de grandes différences entre un voyage au féminin ou au masculin. La seule vraie différence est celle que la société impose. 

 

Que ce soit d'un point de vue physique, une femme en est tout autant capable qu'un homme.

D'un point de vue mécanique également, une femme peut autant s'y connaître qu'un homme. Bon ce n'était pas vraiment notre cas puisque nous étions complètement novices là-dedans mais nous avons toujours trouvé de l'aide les rares fois où nos vélos ont fait des siennes.

L'anatomie est certes différentes. C'est pourquoi il existe de nombreuses selles. Éline en avait une trouée, apparemment meilleure pour le périnée. Difficile de dire ce qui est le mieux puisque nous n'avons finalement testé que la nôtre et que nous en sommes toutes les deux convaincues.

 

Donc comme dit, la seule vraie différence est la différence sociétale. De notre côté nous nous sommes toujours senties à l'aise, jamais de remarques déplacées mais nous voyagions dans des pays très sûrs et nous n'étions pas seules ce qui est rassurant. Les habitants nous ont tout de même répété à plusieurs reprises qu'ils nous accueillaient davantage car nous étions des filles. 

Finalement ce qui est important c'est de s'écouter. Il y a en effet un hôte qu'on ne sentait pas, dès qu'il a ouvert la porte nous nous sommes demandées où nous étions tombées. Nous avons donc poliment refusé son accueil et sommes parties. Quand on ne le sent pas on n'y va pas mais c'est valable pour tout le monde.

 

Bon il y a quand même quelques points à soulever. Comme les menstruations qui font évidemment parties d'un voyage au féminin. Mais si vous êtes à l'aise avec votre corps et que la nature ne vous fait pas peur tout devrait bien se passer. Et quand bien même personne ne refuse jamais si vous leur demandez gentillement d'utiliser leurs toilettes. 

Nous avons également eu quelques soucis avec les brassières de sport. Parce qu'à vélo on transpire beaucoup et nos vêtements deviennent vite mouillés, à l'arrêt ce froid est très désagréable. Nous avons donc investi dans des vêtements en laine afin d'éviter ce problème (très efficace d'ailleurs !) sauf pour nos brassières qui étaient nos bêtes brassières de sport et qui restent humides et froides.

 

Qu'on soit homme, femme ou non-binaire, un voyage à vélo est tout à fait envisageable, chacun comportera ses difficultés et ses facilités. Le plus important est de s'écouter et de trouver le voyage qui nous convient.
 

Quels ont été vos coups de cœur?

 

Comment choisir son coup de coeur?! Énormément de coups de cœur, que ce soit au niveau des paysages que nous avons parcourus, des rencontres que nous avons faites et puis les sentiments qui nous ont traversés...

 

Nous nous rappellerons de ces lacs suédois incroyables, si calmes le soir que le ciel semble s'y plonger. Et puis ces aurores boréales, nous aurons eu droit à plusieurs ballets magnifiques. 

La Norvège est sans hésiter notre coup de cœur, ce pays au paysages si riches ! Si nous devions choisir qu'un seul lieu ce serait sans doute l'île de Senja. Ses montagnes immenses se jetant dans ses fjords merveilleux. De la nature à perte de vue, peu d'habitations, peu de véhicules, beaucoup de bonheur pour les aventuriers et les randonneurs.

La ville de Copenhague nous a également séduite avec ses nombreuses ambiances différentes. Tout comme le rocher de Stockholm qui offre une vue incroyable sur la ville.

 

Et puis énormément de coups de cœur au niveau des rencontres ! À chaque nouvelle personne nous avions un pincement au cœur au moment de la quitter... Que ce soit nos hôtes, les autres voyageurs que nous croisions, mais aussi tout le soutien de nos proches et même d'inconnus. C'était incroyable, on se sentait vraiment porter par tous ces encouragements.

 

Et enfin au niveau des ressentis... Nous avons découvert une liberté, nous étions nous face à nous-mêmes. Nous pouvions faire nos propres choix. Rien ne nous était dicté, nous voguions au fil de nos envies et c'est merveilleux comme sensation, d'être son unique chef. 

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Avez-vous une anecdote?

 

Aaaah bien sûr qu'on a une anecdote ! Prenez une petite tisane, un bon plaid et installez-vous confortablement, elle risque d'être un peu longue... 

 

C'était notre première nuit en Norvège (ca fait un peu film d'horreur). Nous cherchions un toit afin de nous abriter pour la nuit... en ville. Mauvaise idée de demander hospitalité en ville, c'est toujours laborieux mais nous n'avions pas le choix : nous avions rendez-vous le lendemain matin pour un check-up des vélos. Après de nombreux refus, deux jeunes femmes nous proposent de loger dans la seconde résidence dans le jardin. Habituellement c'est une d'elle qui y loge mais les parents étant absents, elle a réintégré la maison familiale laissant la dépendance disponible. Top merci ! 

Nous profitons donc de notre "chez nous" pour quelques heures, un petit "ça commence aujourd'hui" sur "l'au-delà" en fond. Puis nous vaquons à nos occupations, il est 21h et il fait déjà nuit. Éline entreprend de redonner du peps aux cheveux blond d'Aurélie en ajoutant quelques touches de rose. Alors qu'elle s'applique sur la première mèche, Julie lâche un discret "je pense qu'on a de la visite"... Ses deux comparses n'ont pas bien distingué ses mots mais se retournent et bondissent de surprise. Là dans l'encadrure de la porte la gamine de la maison, pas plus haute que trois pommes, blafarde, en robe de nuit, deux longues tresses blondes de chaque côté de son visage, et elle reste comme ça à nous fixer... Vous voyez Annabelle ? Bha c'était à peu près ça. L'angoisse ! Évidemment les souvenirs du CCA sur "l'au-delà" remontent, on a l'impression de voir un fantôme. La gamine a l'air en panique, complètement perdue. Notre niveau de norvégien étant proche de zéro, impossible de communiquer avec elle, et de toute façon elle reste muette. Elle emmène finalement Éline à l'intérieur de la maison principale... Une vraie scène de film d'horreur. Les grandes baies vitrées donnent sur le jardin plongé dans le noir. Toutes les lampes de la maison sont éteintes sauf celle de la toilette. Pas un bruit, un sacré bordel, la table du petit déjeuner est encore installée. Éline et la fillette montent à l'étage... "Hello is there someone ?" Toujours pas de lumière, pas de réponse non plus. Elles arrivent dans la chambre de la gamine, lumières éblouissantes, celle-ci se met à pleurer en regardant d'un regard vide par la fenêtre. Mais quel cauchemar ! Quelle entité elle a bien pu apercevoir ? Elles terminerons la visite par la dernière pièce allumée, la salle-de-bain. À chaque pas, Eline s'attend à trouver un corps allongé mais toujours rien... Elles ressortiront donc rapidement de cette maison des terreurs pour retrouver les deux autres Belavelo en attente de nouvelles. Toujours persuadées qu'une personne est en détresse dans la maison, Aurelie et Éline décident de reprendre les explorations. Elles feront rapidement demi-tour en découvrant le bordel dans la cuisine et surtout le beau grand couteau posé délicatement sur le plan de travail... Dans ce genre de scénario on psycote vite ! Retour dans la dépendance, nous entrepenons alors de dialoguer avec la fillette grâce aux supers applications de traductions... "As-tu besoin d'aide ?" "Oui"... Nous savions qu'un petit frère était également présent : "Où est ton frère ?" Une moue d'ignorance s'affiche sur son visage. Et s'il s'agissait d'un kidnapping ? Bon on est peut-être parties un peu loin mais on était en panique... La seule solution qu'on voyait était d'appeler la police, ce qu'on a donc fait. Mais vas-y pour expliquer, en anglais bien sûr, qu'on est trois belges qui voyageons à vélo et qui actuellement dormons dans la résidence du jardin de personnes qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, que la gamine est arrivée "chez nous" en panique et qu'on ne sait pas où est l'adulte qui s'en occupe. Le policier accepte finalement de discuter avec elle en norvégien. Nous ne comprenons donc pas un mot de la conversation. On vous passe les détails car ça va être beaucoup trop long mais finalement tout est rentré dans l'ordre : la jeune fille au pair, qui dormait habituellement dans "notre maison" et qui ce soir-là s'occupait des enfants, s'est endormie en mettant au lit le petit frère, d'un sommeil très très lourd apparemment. 

En tout cas on peut vous dire que la mèche rose d'Aurélie a fini d'un rose plus qu'éclatant !

 

Et vos copines : les 3 biocyclettes? N'auriez pas voulu continuer avec elles? C'est mieux de voyager à 3 ou a 6 filles ou seule?

 

Alors nos super potes, les trois biocyclettes... ce sont trois françaises hyper pétillantes que nous avons eu la chance de croiser à plusieurs reprises sur la route et avec qui nous avons même partagé un petit bout d'aventure. Chaque année elles partent pendant plusieurs semaines à la rencontre des différentes cultures à vélo dans une optique de voyage responsable et zéro déchet.

(En effet, il est assez incroyable de voir ces 6 voyageuses, 3 en jaunes, 3 en roses, se retrouver et faire un bout de voyage ensemble)

 

Nous avons traversé la frontière suédoise à six et roulé pendant trois jours en convoi assez exceptionnel. On vous laisse imaginer ce joyeux troupeau de vélos chargés comme des bolides fonçant dans les campagnes danoises et les forêts suédoises. 

Bien sûr que nous aurions voulu continuer avec elles... Malheureusement leur périple prenait fin à Stockholm où nous avons pu partager des derniers bons moments.

 

Cependant, nous avions également besoin de nous retrouver entre "belavelo", les deux projets étant tout de même differents. Voyager à six est très amusant, ça ajoute évidemment quelque chose au voyage, une ambiance, du peps... Mais ça apporte également des contraintes, aussi bien au niveau du rythme que des logements.

 

Alors a combien est-il préférable de voyager? Difficile comme question... ça dépend évidemment de chacune. 

 

À plusieurs trouver les personnes avec qui voyager est parfois laborieux. Chacune à ses attentes, son rythme, trouver un équilibre peut-être compliqué. Mais si vous trouvez la/les personnes qui sont sur la même longueur d'ondes que vous, qui ont la même vision du voyage, c'est un pur plaisir de partager cette expérience. Attention même à plusieurs il est important de prendre du temps pour soi, il nous arrivait en effet régulièrement de rouler séparément et ce n'est pas grave. Ce n'est pas le temps ensemble qui nous manquait.

Après de nouveau on parle d'un voyage de plusieurs mois, où on vit en permanence avec d'autres personnes. Partir quelques jours changent probablement la donne. 

 

Le voyage seule nous ne l'avons jamais testé. Il faut probablement se sentir prête et oser passer le cap. C'est un challenge énorme et même maintenant on ne sait pas si on en serait capables... peut-être pour quelques jours mais plusieurs mois probablement pas. C'est rassurant d'avoir quelqu'un avec soi. En tout cas chapeau à toutes les femmes qui se lancent dans ce genre d'épopée ! Ce qu'elles en tirent doit être encore plus fort.

Et p'tit pote? 

 

P'tit pote c'est une mascotte un brin tristounette. On espère que parcourir le monde lui rendra son sourire, c'est pourquoi nous le faisons passer de voyageur en voyageur. Ce sont les biocyclettes qui l'ont reçu d'une de leur hôte et qui nous l'ont transmis à Stockholm. Maintenant qu'il a vu le Cap Nord, nous l'avons à notre tour passé à un autre cyclovoyageur. 

Vous pouvez suivre ses aventures sur instagram tout comme celles des Biocyclettes

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Vous roulez pour une association, pouvez vous présenter l'association et pourquoi vous avez mis une cagnotte en ligne?

 

En effet nous avons lancé une cagnotte en ligne avant de partir. Tout d'abord parce qu'un tel voyage a un coup très important, qui nous a énormément surprises ! C'était notre premier voyage à vélo nous avons donc dû tout acheter et c'est vrai que le prix du bon matériel est conséquent... De plus, nous sommes jeunes diplômées donc nos fonds sont limités. C'est pourquoi nous avons pensé à la cagnotte qui viendrait ainsi nous aider à financer ce projet.

 

Et puis nous nous sommes rapidement rendues compte que ce genre de projet hors du commun pouvait également aider d'autres personnes, et nous avions envie de donner encore plus de sens à cette idée folle. Nous avons donc décidé de partager cette cagnotte avec une association de solidarité internationale qui nous tient particulièrement à cœur. 

 

Cette association s'appelle JEMAV et a été créée en 2007 afin de soutenir les populations issues de milieux défavorisés, principalement en Afrique de l'Ouest, via différents projets. 

Notamment le projet Handicap Debout qui vient en aide à des enfants togolais porteurs de handicap grâce à l'intervention de bénévoles kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens... 

Mais également en promouvant l'accès à l'hygiène et aux soins de santé, et en organisant des camps d'été afin de développer des projets de construction et de venir en aide aux populations locales, etc. 

Si vous voulez plus d'informations sur cette association voici son site internet https://www.jemav.com/ 

 

Cette association nous la connaissons bien puisqu'Éline est partie avec elle au Togo il y a quelques mois. 

Voici une petite partie de son témoignage : "Là-bas j'ai vécu une merveilleuse expérience qui m'a véritablement chamboulée. Là-bas j'ai rencontré des personnes incroyables, si bienveillantes et généreuses. Là-bas j'ai exercé mon métier de kinésithérapeute auprès d'enfants porteurs de handicap parce que, comme vous le savez, là-bas l'accès aux soins est très compliqué... Je dis "là-bas", ça semble si loin et pourtant voir autant d'inégalités dans ce même monde est révoltant." 

C'est pourquoi nous aimerions pouvoir encore les aider.

 

Si vous souhaitez également soutenir ces projets voici le lien de la cagnotte :

https://www.leetchi.com/c/belavelo. Un tout grand merci !

Quel est votre prochain projet ?

 

Ah la fameuse question que tout le monde nous pose ! Nous avons plein de projets dans la tête. Ce genre de voyage fait rêver et donne encore plus envie d'accomplir de nouvelles choses... Une fois qu'on y a goûté difficile de s'en éloigner. 

 

Déjà notre aventure actuelle n'est pas encore finie puisque nous répondons à ces questions toujours en direct du Pôle Nord ; bien que nous avons déposé nos vélos, les conditions météorologiques n'étant plus vraiment favorables. Après avoir atteint le Cap Nord nous voulions encore profiter de ces pays nordiques, c'est pourquoi nous avons trouvé une ferme prête à nous accueillir pour plusieurs semaines en échange de petits boulots. 

 

En ce qui concerne les prochains projets à vélo, Éline a déjà planifié la Vélodyssée avec une autre amie en 2023. Maintenant à voir si ça se fera vraiment. Il y a encore tellement d'endroits que nous voudrions découvrir mais pas encore beaucoup de projets concrets. À suivre donc...


 

Merci à Catoche de nous avoir accordé cette interview, c'était un plaisir de partager notre expérience et nous espérons vraiment que celle-ci en inspirera d'autres.

Petite conclusion de Catoche: Je remercie Eline et Aurélie de s'être prêter à ce premier témoignage écrit des Sacoches de Catoche. Leur témoignage est à la hauteur de la grandeur de leur voyage. J'espère qu'elles vous ont données envie de peut être tenter l'aventure vers le Grand Nord: un lieu mythique et pas si loin de la France, même pour les novices et les femmes à vélo. Alors osons!

 

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